A song by Billy Cowie to text by poet Paul Verlaine. Sung by Lucie and Cathryn Robson. From the album "La Chanson Bien Douce".
"It's raining in my heart
Like it rains on the city..."
Poème
Il pleure dans mon coeur
" Il pleure dans mon coeur" est le 3ème
poème de la section initiale ariettes oubliées de Romances
sans paroles ". Il
pleut doucement sur la ville.
(ARTHUR RIMBAUD)
Il
pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
0
bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie
0 le chant de la pluie !
Il
pleure sans raison
Dans ce coeur qui écoeure.
Quoi ! nulle trahison ? ...
Ce deuil est sans raison.
Introduction
Ce texte est extrait du recueil Romances sans paroles (1874). Ce
recueil est composé de poèmes
courts qui évoquent des paysages intérieurs, sentiments de mélancolie
(rupture avec sa femme), croquis de voyage. Le mot "romance" accentue la musicalité des
vers.
4 quatrains, vers courts hexasyllabes (6)
rimes abaa, même mot à la fin du 1er et 4ème vers.
1ère partie : paysage 2ème partie : disposition du paysage, interrogation sur la tristesse sans cause déterminée
Explication linéaire
1ère strophe :
Mélancolie de Verlaine en harmonie avec le paysage, dont la nature lui échappe (3 vers pour l'état d'âme, 1 vers pour le paysage)
2e strophe : (3 vers pour le paysage, 1 vers pour l'état d'âme)
Le bruit de l'eau s'est transformé en mélodie - Verlaine s'enchante
de sa mélancolie et se laisse bercer par la mélodie des gouttes
- la pluie peut influencer l'état d'âme ou être une projection
de celle-ci (effet miroir)
3e strophe :
Tristesse absolue qui dépossède l'individu de lui-même
Rupture du rythme "Quoi !" le poète s'arrache à sa stupéfaction
4e strophe :
Elle apporte une sorte de réponse aux interrogations du poète.
Intensité de la tristesse constante tout au long du poème et due à l'absence même de cause.
Conclusion
- Nature de la tristesse évoquée : Spleen baudelairien ? mais dans l'état décrit par Verlaine, il y a moins d'angoisse et plus de douceur et de langueur.
- Musique des mots : crée par la reprise des mêmes termes et
mêmes sonorités, envoûtement musical qui s'impose à la
sensibilité
- Simplicité d'une chanson populaire et monotonie de la tristesse toujours identique.
C'est
bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine!
Résumé
: Il pleure dans mon coeur est le texte III de la section intitulée
"Ariettes oubliées". Une ariette est un terme de musique
qui désigne une mélodie. La troisième des ariettes
est une variation sur la mélancolie, un malaise que Verlaine cherche
plus à lui donner une couleur qu'à exorciser. La transparence
de l'eau et la limpidité des vers se fondent pour traduire le vide
d'une conscience en proie à l'ennui. L'identification pluie/larme
est la ligne directrice du poème. L'épigraphe de Rimbaud est
douteuse. Au niveau de la structure, quatre strophes de quatre vers (strophe
carrée)
The composer Claude Debussy needs little introduction. As a pianist, he was noted for his avoidance of the crisp, dry and articulated style which typified French pianism of the nineteenth century. His style of playing was simple, highly tone-conscious and completely uncluttered by over-expressive angst.
Sadly he made no solo piano acoustic recordings, only piano rolls. However, he was recorded as accompanist to the soprano Mary Garden, in 1904, performing some of his own vocal music.
This is one of his "Ariettes Oubliées" (forgotten airs).
Explication linéaire
1ère strophe :
Mélancolie de Verlaine en harmonie avec le paysage, dont la nature lui échappe (3 vers pour l'état d'âme, 1 vers pour le paysage)
2e strophe : (3 vers pour le paysage, 1 vers pour l'état d'âme)
Le bruit de l'eau s'est tranformé en mélodie - Verlaine s'enchante de sa mélancolie et se laisse bercer par la mélodie des gouttes - la pluie peut influencer l'état d'âme ou être une projection de celle-ci (effet miroir)
3e strophe :
Tristesse absolue qui dépossède l'individu de lui-même
Rupture du rythme "Quoi !" le poète s'arrache à sa stupéfaction
4e strophe :
Elle apporte une sorte de réponse aux interrogations du poète.
Intensité de la tristesse constante tout au long du poème et due à l'absence même de cause.
Conclusion
- Nature de la tristesse évoquée : Spleen baudelairien ? mais dans l'état décrit par Verlaine, il y a moins d'angoisse et plus de douceur et de langueur.
- Musique des mots : crée par la reprise des mêmes termes et mêmes sonorités, envôutement musical qui s'impose à la sensibilité
- Simplicité d'une chanson populaire et monotonie de la tristesse toujours identique.
Plan
de commentaire composé I-Organisation du poème -la découpe des vers
Six syllabes combinées sur deux vers reproduisent le rythme de
l'alexandrin. Le poème se découpe en quatre strophes de
quatre vers. - Les répétitions
Dans chacune des strophes apparaît, en position forte à la
rime ou à la césure le mot coeur. Pour éviter
la raideur, le poète fait varier le déterminant qui le précède,
"mon coeur", "ce coeur", "un coeur"
ainsi que la position du mot dans le vers. Tout se fait écho dans
ce poème ciselé comme les ballades ou les rondeaux du Moyen-Âge
qui jouaient avec virtuosité de ce phénomène. - Les oppositions
Il y a une double interrogation suivie d'exclamations qui
semblent leur apporter la réponse. La pluie apaise-t-elle ou exacerbe-t-elle
l'ennui ? laisse le lecteur dans l'indécision qui fait le charme
du poème. - Le rôle de la ponctuation
Il y a un passage constant de l'interrogation à l'exclamation qui
se répondent d'une strophe sur l'autre. Strophes I et III, interrogations
et strophes II et IV exclamations. Aux questions, la pensée du
poète se heurte à un double vide que rien ne peut
combler. La seconde formule interrogative est elliptique : " nulle
trahison " ?....Et le point d'interrogation suivi de points de
suspension laisse le lecteur dans l'expectative. Il est probable
que le poète ne sait lui-même que penser et se demande s'il
est sûr de ne pas avoir été trompé (par Rimbaud
peut-être)
II. Musique du poème - Le jeu des rimes
Pour les rimes, le poème repose sur quatre notes (eur, uie, son,
eine) et la reprise systématique de la même rime aux premiers
et derniers vers de chaque strophe. S'y ajoutent de nombreuses rimes intérieures,
au premier vers " pleure " et " coeur", au vers
5 " bruit " et " pluie ", aux vers 9 et 10 "
pleure " et "coeur" à nouveau. - Le rythme
Le poème donne la sensation de monotonie et de répétition
de la pluie. Les mêmes mots et les mêmes sons régulièrement
repris reproduisent le bruit de la pluie, doucement répétitif. - Le vocabulaire
Dès le premier vers apparaît un néologisme "
il pleure " qui reproduit le cliché d'une pluie de
larmes. C'est sur les ressemblance phoniques avec " il pleut "
que ce " pleure " tire sa force. Le sens et le son se renforce,
c'est de la pure poésie. " il pleure dans mon coeur"
est une métaphore du chagrin.
III. Le thème de l'eau - Fusion des verbes pleurer et pleuvoir
Tout le charme du poème consiste à nous faire confondre
la pluie et les pleurs et à nous situer, insensiblement
dans une autre réalité. Nous entrevoyons l'action de la
pluie une langueur qui imprègne le coeur comme la pluie imprègne
les vêtements.
- Une musique de l'âme
L'identification des sensations pleurer et pleuvoir est
accentuée par l'effet sonore produit par la pluie. "Oh chant
de la pluie ", l'exclamatif " ô " valorise
le chant de la pluie qui peut-on penser berce l'ennui du coeur
dans lequel " il pleure ". Mais le thème de la pluie
serait lié métaphoriquement non seulement aux larmes mais
à la douceur lyrique du texte. Il y a, dans la progression du texte,
un effacement progressif du prétexte à la mélancolie
(la pluie) au profit de la mélancolie elle-même, qu'atteste
la disparition de la pluie après la 2ème strophe. Observons
aussi la passivité des formules impersonnelles , il pleut, il pleure - Échos de tristesse et de mélancolie
La note dominante du poème est le chagrin qui apparaît
d'emblée " il pleure ", est ensuite repris " deuil
" et confirmé par " peine". Mais ce chagrin doit
être modulé et il s'agirait plus d'une sorte de spleen sans
cause. Nous retrouvons dans ce texte le sentiment permanent de Verlaine
entre le chagrin et la douceur, une âme vidée
de toute motivation, une conscience aussi incolore que l'eau de
pluie.
CONCLUSION
C'est toujours la même fatalité, la mélancolie
qui l'emporte sur la raison. Le poème s'achève sur une
démission, un aveu d'impuissance et son pourquoi qui précède
les deux derniers vers reste sans réponse. Verlaine a su nous suggérer
à partir d'un lien entre la pluie et l'ennui, en soi des plus banals,
un sentiment subtil d'étonnement face à sa tristesse
qui nous fascine par sa douceur musicale.
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Paul Verlaine, surnommé « le Prince des Poètes », est né le 30 mars
1844 à Metz. Élève au lycée Bonaparte, il embrassa par la suite une carrière d'employé de bureau à
la mairie de Paris. Il commença à fréquenter les salons et cafés littéraires de Paris et fit la connaissance des poètes célèbres de son époque. Ces rencontres l'ont
incité à composer lui même des poèmes et publia son premier recueil les Poèmes saturniens en 1866. Sa rencontre avec Rimbaud, avec lequel il mènera
une existence aventureuse, va bouleverser sa vie. Emprisonné pour avoir tiré sur celui-ci, Paul Verlaine écrit alors des poèmes empreints d'une grande musicalité. Il meurt en janvier 1896 d'une
congestion pulmonaire à Paris.
Il pleure dans mon coeur est un extrait du recueil Romances sans paroles (1874). Il est le troisième poème de la section intitulée Ariette oubliées.Une ariette est un terme de musique qui désigne une mélodie. La troisième des ariettes est une variation sur la mélancolie, la nostalgie. La transparence de l'eau et
la limpidité des vers se fondent pour traduire ces sentiments.L'identification pluie/larme est la ligne directrice du poème.
Ce court poème se compose de quatre quatrains avec un schéma des
rimes particulier, abaa, et est composé d'hexasyllabes (six syllabes).
Dans ce poème, l'harmonie est d'abord créée par la comparaison et
la symétrie des vers 1 et 2.En effet, ces deux premiers vers utilisent des formules impersonnelles presque identiques et qui ont la même sonorité. (« Il pleure » et « il pleut »).
Ces deux expressions sont aussi suivies d'un complément circonstanciel de lieu, ce qui renforce cette idée de symétrie. On peut parler aussi de la musicalité du poème. Paul Verlaine joue sur les
rimes et les a réparties dans une disposition très particulière (a,b,a,a). Le poème repose sur quatre notes ; eur, uie, son et eine. S'y ajoutent de nombreuses rimes à l'intérieure des vers.
Dans les vers 1, on a « pleure » et « cur », au vers 5, « bruit » et « pluie » et on a de nouveau aux vers 9 et 10 « pleure » et
« cur ». La musicalité du poème est renforcée par la répétition « Il pleure » au vers 9. Ceci ressemble fortement au refrain d'une chanson. De plus, le poème donne la
sensation de monotonie et de répétition de la pluie. Les mêmes mots et les mêmes sons régulièrement repris reproduisent le bruit de la pluie. Par exemple, l'allitération en « l », nous
fait penser à un liquide comme la pluie ou les larmes. On peut également entendre la pluie tomber dans le vers 6 avec des allitération en « r » et en « t ». Le vers 5 s'ouvre
sur une exclamation lyrique. Ce vers nous donne l'impression que le poète s'adresse directement au bruit. Ensuite, dans le vers 8, le « ô » est à nouveau utilisé et valorise ainsi le
chant de la pluie. Celle-ci est liée aux larmes mais aussi à la douceur lyrique du texte. La note dominante du poème est le chagrin qui apparaît d'emblée avec la formule impersonnelle, « il
pleure ». On peut également constater le champ lexical de la douleur, l'ennuie, la trahison, le deuil, la peine De plus, de nombreuses questions restent sans réponse et nous laissent dans un
sentiment de tristesse, de mélancolie comme une âme vidée de toute motivation ou d'une conscience incolore comme l'eau de la pluie et des larmes. On se laisse bercer par la pluie et la
mélancolie.
Dans ce poème, Paul Verlaine nous décrit très peu le paysage
mais nous pouvons, grâce aux vers 2 et 6, nous situer dans un milieu urbain. La tristesse et la mélancolie nous amènent à faire une balade à travers un paysage monotone et gris. Ici, Verlaine
essaye de comprendre sa peine en posant des questions. Mais celles-ci restent sans réponse et le poète demeure dans le flou.